Achat immobilier ancien : financer le prix, les frais et les travaux

Par Tristan Vinck · Mis à jour le 28 octobre 2026

Un achat immobilier ancien porte sur un logement achevé depuis plus de 5 ans, selon service-public.gouv.fr. Il se finance comme tout achat, par un prêt immobilier, mais le budget dépasse le prix : les frais de notaire pèsent plus lourd que dans le neuf, et les diagnostics peuvent annoncer des travaux.

Le prêt peut financer ces travaux. Un PTZ reste possible sous conditions, notamment des travaux et un logement situé dans une commune classée en zone B2 ou C.

Pour chiffrer votre projet, vous pouvez simuler votre prêt immobilier.

Quel budget prévoir pour un achat immobilier ancien ?

Avant d'acheter, prévoyez quatre postes : le prix, les frais de notaire, les travaux et, en copropriété, les charges à venir. Selon service-public.gouv.fr, vous payez le prix et l'intégralité des frais de notaire le jour de la signature de l'acte de vente. Les travaux, eux, peuvent entrer dans le même prêt : chiffrez-les avant votre demande.

Poste Ce qu'il comprend Quand le payer
Prix du logement Le montant convenu avec le vendeur À la signature de l'acte de vente
Frais de notaire Droits de mutation, émoluments du notaire, contribution de sécurité immobilière À la signature de l'acte de vente
Travaux Rénovation, amélioration, économies d'énergie Selon le calendrier prévu dans l'offre de prêt
Charges de copropriété Charges courantes et travaux votés en assemblée générale Après l'achat

En copropriété, l'ANIL conseille de demander les relevés de charges des deux dernières années au moins et les derniers procès-verbaux d'assemblée générale. Ces derniers indiquent si des travaux sont envisagés dans l'immeuble. L'ensemble forme le coût total que votre crédit immobilier et votre apport devront couvrir.

Combien coûtent les frais de notaire dans l'ancien ?

Dans notre exemple de calcul, un appartement ancien à 200 000 € entraîne 15 231,30 € de frais avant débours et formalités, dans un département au taux de 5 %. Ces « frais de notaire » portent mal leur nom. Selon notaires.fr, ils comprennent la rémunération du notaire, mais sont essentiellement composés d'impôts : les droits de mutation, perçus au taux de droit commun dans l'ancien.

Le droit départemental est en principe de 3,80 %. La loi de finances pour 2025 permet aux départements de le relever au-delà de 4,50 %, dans la limite de 5 %, pour les actes passés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028 (collectivites-locales.gouv.fr). En octobre 2026, notaires.fr indique que ce taux de 5 % s'applique dans la plupart des départements.

S'y ajoute une taxe communale de 1,20 % du prix d'achat, selon impots.gouv.fr. Au total, selon notaires.fr, avec un droit départemental à 5 %, les droits d'enregistrement atteignent 6,3185 % de la valeur du bien, contre 5,80665 % avec un droit départemental à 4,50 %.

Un premier achat échappe à la hausse. Selon le BOFiP, la documentation officielle des impôts, elle ne s'applique pas à une première propriété destinée à votre résidence principale, si vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux années précédant l'achat.

Le détail de cet exemple, calculé par nos soins à partir des taux officiels :

Poste Montant
Droits d'enregistrement (6,3185 %) 12 637 €
Contribution de sécurité immobilière (0,10 %, 15 € au minimum) 200 €
Émoluments du notaire (1 995,25 € HT, plus 20 % de TVA) 2 394,30 €
Total, avant débours et formalités 15 231,30 €

Ce total vaut pour ce cas précis.

Le taux change selon le département et selon votre situation, notamment pour un premier achat. Pour votre bien, vous pouvez calculer vos frais de notaire avec notre outil.

Que révèlent les diagnostics sur le coût de votre projet ?

Les diagnostics décrivent l'état du logement, donc les travaux qui risquent de s'ajouter au prix. Selon service-public.gouv.fr, le vendeur doit vous les fournir, réunis dans le dossier de diagnostic technique (DDT), joint à la promesse ou à l'acte de vente. Lisez-les avant de signer, et chiffrez ce qu'ils annoncent.

  • Diagnostic de performance énergétique (DPE) : il classe le logement selon sa performance énergétique. Une mauvaise étiquette peut annoncer des travaux d'isolation ou de chauffage.
  • Audit énergétique : il est obligatoire pour une maison classée E, F ou G sur le DPE. Son existence suffit à signaler une rénovation énergétique à budgéter.
  • Plomb : un constat est exigé pour un logement construit avant le 1er janvier 1949.
  • Amiante : un état est exigé si le permis de construire date d'avant le 1er juillet 1997.
  • Électricité et gaz : un état est exigé pour toute installation de plus de 15 ans. Une remise aux normes peut alourdir le budget.
  • Surface Loi Carrez : en copropriété, la promesse ou l'acte indique la surface privative du lot.

Bon à savoir : les diagnostics ne disent pas tout. L'ANIL conseille de vous faire accompagner d'un professionnel pour établir un bilan global du logement et éviter la surprise de travaux imprévus.

Comment financer des travaux dans votre prêt immobilier ?

Un prêt immobilier peut financer à la fois l'achat d'un logement et des travaux de réparation, d'amélioration ou d'entretien, selon service-public.gouv.fr. Vous disposez de deux leviers : intégrer les travaux au prêt principal et, si ces travaux améliorent la performance énergétique du logement, y ajouter un éco-PTZ.

Inclure les travaux dans le prêt principal

Le montant des travaux s'ajoute au prix et aux frais dans votre plan de financement. La banque ne verse pas tout le jour de l'acte. Pour les travaux, elle débloque les fonds en une ou plusieurs fois, selon le calendrier prévu dans l'offre de prêt.

Le montant total reste limité par vos revenus. En octobre 2026, selon service-public.gouv.fr, la banque doit vérifier que votre taux d'endettement ne dépasse pas 35 %.

Ce taux est la part de l'ensemble de vos mensualités de crédit et d'assurance de crédit dans votre revenu mensuel. Avant de visiter, vous pouvez estimer votre capacité d'emprunt.

Notre conseil : réunissez des devis d'artisans avant de déposer votre demande de prêt. Un montant appuyé sur des devis est plus juste qu'une estimation rapide, et vous évite de chercher un financement complémentaire après la signature.

Ajouter un éco-PTZ pour la rénovation énergétique

L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) finance des travaux de rénovation énergétique, sans intérêts. Voici ses règles, d'après la fiche de service-public.gouv.fr vérifiée le 1er septembre 2026.

  • Montant : jusqu'à 50 000 € pour une rénovation globale.
  • Revenus : il est attribué sans condition de ressources.
  • Entreprise : les travaux sont réalisés par une entreprise RGE (reconnue garant de l'environnement).
  • Durée : vous le remboursez en 15 ans au plus.
  • Au moment de l'achat : demandé en même temps que le prêt d'acquisition, il permet de fournir le descriptif et les devis après coup, au plus tard au versement du prêt.
  • Cumul : il se cumule avec le PTZ.

Le PTZ dans l'ancien, à quelles conditions ?

Le prêt à taux zéro (PTZ), un prêt sans intérêts, peut financer une partie d'un achat ancien, à condition d'y faire des travaux. Selon la fiche de service-public.gouv.fr vérifiée le 15 septembre 2026, six conditions s'appliquent. Le dispositif est prolongé jusqu'au 31 décembre 2027.

  1. La commune : le logement se situe en zone B2 ou C.
  2. Les travaux : des travaux d'amélioration ou d'économies d'énergie représentent au moins 25 % du coût total de l'opération.
  3. Le calendrier : les travaux commencent après l'obtention du PTZ et s'achèvent dans les 3 ans qui suivent l'offre de PTZ.
  4. La résidence principale : vous habitez le logement au moins 8 mois par an.
  5. La première propriété : vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des 2 années précédentes, sauf exceptions.
  6. Les revenus : ils ne dépassent pas un plafond de ressources.

Le PTZ se rembourse en 25 ans au plus. Il ne finance jamais tout le projet : il se demande en complément d'au moins un autre prêt, par exemple un prêt bancaire classique ou un prêt d'accession sociale. Depuis le 21 mars 2025, il se cumule aussi avec les aides de l'Anah.

Remplir les conditions ne suffit pas : la banque n'est pas obligée de l'accorder.

Pour donner un ordre de grandeur, service-public.gouv.fr cite cet exemple : avec un coût d'opération retenu de 150 000 € et des revenus classés en tranche 3 du barème, le PTZ atteint au plus 150 000 € × 40 % = 60 000 €.

Les plafonds de revenus et le calcul complet figurent dans notre guide du prêt à taux zéro. La condition de première propriété vise surtout un premier achat immobilier, dont nous détaillons le financement à part.

Les étapes pour financer un achat immobilier ancien

Six étapes mènent du budget à la remise des clés. À partir du compromis, chacune a son délai, souvent fixé par la loi.

  1. Fixer votre budget. Additionnez le prix, les frais de notaire et les travaux, puis comparez le total à votre apport et à ce que vous pouvez emprunter. Une première simulation sert à cela.
  2. Visiter et lire les diagnostics. Demandez le dossier de diagnostic technique et, en copropriété, les procès-verbaux d'assemblée générale. Faites chiffrer les travaux.
  3. Signer le compromis de vente. Faites-y inscrire une condition suspensive d'obtention du prêt (si votre prêt est refusé, la vente n'a pas lieu) : le délai laissé pour obtenir le prêt ne peut pas être inférieur à 1 mois (service-public.gouv.fr). Vous disposez ensuite de 10 jours pour vous rétracter, selon l'ANIL.
  4. Déposer vos demandes de prêt. Le notaire a besoin de 3 mois environ pour les formalités de la vente. L'ANIL précise que cette période sert au montage financier de votre achat.
  5. Recevoir et accepter l'offre de prêt. La banque est engagée par son offre pendant 30 jours, selon l'ANIL. Vous ne pouvez l'accepter qu'après un délai de réflexion de 10 jours calendaires (service-public.gouv.fr).
  6. Signer l'acte de vente. Vous payez le prix et les frais de notaire ce jour-là. Entre le 1er janvier et le 30 juin suivant l'achat, vous devez ensuite faire votre déclaration d'occupation dans votre espace Finances publiques (impots.gouv.fr).

Les pièges à éviter quand vous financez un logement ancien

Si nous ne devions donner qu'un conseil pour un achat immobilier ancien, ce serait celui-ci : chiffrez tout avant de signer. Les erreurs coûteuses viennent souvent d'un poste découvert trop tard.

  • Sous-estimer les travaux : sans bilan global du logement, le vrai budget risque d'apparaître après l'achat. Faites chiffrer avant de demander votre prêt.
  • Oublier la copropriété : des travaux envisagés dans les procès-verbaux d'assemblée générale peuvent alourdir vos charges.
  • Lancer les travaux trop tôt : avec un PTZ, ils doivent commencer après son obtention.
  • Signer sans condition de prêt : quand le compromis prévoit un financement par prêt et que la banque refuse, la vente n'a pas lieu et vous n'avez rien à payer au vendeur, selon service-public.gouv.fr. Sans cette clause, vous perdez cette protection.

Attention : un crédit immobilier vous engage pour de longues années, et chaque mensualité devra être payée. Gardez une marge pour les imprévus du chantier plutôt que d'emprunter le maximum que la banque accepte.

Ancien ou neuf : ce qui change pour votre financement

Deux différences pèsent sur le plan de financement. D'abord les droits de mutation : l'ancien relève du taux de droit commun, alors qu'un logement neuf acheté auprès d'un professionnel bénéficie d'un taux réduit (notaires.fr).

Ensuite le PTZ : depuis le 1er avril 2025, il finance une habitation neuve partout en France, quelle que soit la zone. Dans l'ancien, il reste réservé aux zones B2 et C, avec travaux (service-public.gouv.fr). Si vous hésitez avec une construction récente, voyez notre page sur l'achat immobilier neuf.

Questions fréquentes sur l'achat immobilier ancien

Peut-on obtenir un PTZ pour un logement ancien sans travaux ?

Non. Dans l'ancien, le PTZ finance en partie l'achat et des travaux d'amélioration ou d'économies d'énergie, qui doivent représenter au moins 25 % du coût total de l'opération. Le logement doit aussi se trouver dans une commune en zone B2 ou C, selon service-public.gouv.fr.

Qui paie les frais de notaire ?

L'acheteur, en règle générale. Selon service-public.gouv.fr, les frais d'actes notariés sont à sa charge, mais le vendeur et l'acheteur peuvent en décider autrement. Le jour de la signature de l'acte, l'acheteur règle le prix et l'intégralité des frais de notaire.

Le PTZ peut-il financer un garage ?

Oui, s'il est acheté en même temps que le logement. Service-public.gouv.fr précise que le PTZ peut financer l'achat simultané de dépendances, comme un garage ou une place de parking. Le logement lui-même doit remplir toutes les conditions du PTZ dans l'ancien.

Combien de temps entre le compromis et l'acte de vente ?

Comptez 3 mois environ. Selon l'ANIL, c'est le délai dont le notaire a besoin pour accomplir les formalités de la vente. Vous mettez ce temps à profit pour obtenir votre prêt et recevoir l'offre de la banque.

Simulez le financement de votre achat ancien

Vous connaissez maintenant les postes de votre budget. Pour savoir combien emprunter et sur quelle durée, lancez une simulation : elle est gratuite et ne demande pas de créer de compte. Si vous souhaitez être rappelé, cochez la case de consentement prévue à cet effet.

L'accompagnement par un courtier est payant. Proprimo est une marque de Moneybounce, courtier immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 20005562. Aucun taux, aucun accord ni aucun délai n'est garanti : chaque banque étudie votre dossier.

Sources : service-public.gouv.fr · notaires.fr · ANIL · impots.gouv.fr · BOFiP · collectivites-locales.gouv.fr